En Algérie l’artisanat ne fait travailler que 3,2% seulement de la population active. Cependant beaucoup d’efforts sont entrepris pour développer le secteur artisanal, un secteur capable de
générer, selon les estimations des responsables, une cagnotte de plusieurs milliers de dinars par la vente de produits artisanaux de haute qualité à l’horizon 2010. Parmi les promoteurs de ce
secteur, il y a lieu de citer l’organisation non gouvernementale « Femmes en communication », une organisation algérienne qui œuvre pour le renforcement et l’élargissement du réseau algérien des
femmes artisanes. A cet effet est né le réseau « Res’art » dont le premier objectif est l’insertion socioprofessionnelle des femmes artisanes, ainsi que la contribution à l’augmentation de la
rentabilité de l’entreprise artisanale par l’amélioration des procédés de production, de commercialisation et de gestion. Pour atteindre ce noble but, Res’art a donc opté pour la formation. La
première expérience de cette ONG a eu lieu du 31 mars au 6 avril 2009 et s’est déroulée à Ksar Chellala, dans la wilaya de Tiaret. Ladite formation s’est articulée autour de trois ateliers qui
comptaient chacun une quinzaine d’artisanes lesquelles ont passées une journée et demie dans chaque atelier. Le premier atelier c’est centré sur l’exposition et a eu pour objet le travail des
tendances, la décoration d’un stand ou point de vente, les thématiques et l’originalité. La formatrice, Caroline Winckel, styliste et designer, consultante en matière d’artisanat auprès de la
section des arts, de l’artisanat et du design à l’UNESCO, a insisté sur le fait que pour développer l’entreprise artisanale, la rencontre ou le regroupement étaient nécessaires ; cela permet aux
femmes de se connaître, de découvrir d’autres méthodes de travail, de se poser des questions et, par conséquent, de s’améliorer et de se professionnaliser. Mais pour s’imposer sur le marché il faut
également innover. L’innovation est le mot-clef du 21ème siècle, elle concerne la création de nouveaux produits, l’amélioration de la qualité des produits existants et des processus de fabrication,
car l’avenir de l’artisanat contemporain repose sur l’excellence du produit. Parallèlement au cours théorique, un exercice pratique a également été proposé aux artisanes. La formatrice a donc
demandé à ces dernières de préparer une expovente dont l’objectif était de voir les capacités de ces dernières à adapter les moyens mis a leur disposition pour exposer leurs articles, de voir
comment elles allaient occuper l’espace qui leur était réservé, et comment elles allaient jouer avec les couleurs pour la mise en valeur des objets exposés. Le deuxième atelier, animé par les
artisans Hamid Lafère et Wardia Sokri a porté sur la restauration, la créativité et également sur l’innovation, en utilisant des matières premières locales naturelles ou en faisant du recyclage. A
cet effet, une sortie dans un souk de Ksar Chellala a été organisée. Il s’agissait d’attirer l’attention des artisanes sur les possibilités d’utilisation des matières naturelles locales pour mettre
en valeur leur production. Le recyclage a été un autre point abordé par les formateurs, sachant que l’artisanat de récupération a une fonction économique, culturelle et sociale, et génère même des
emplois tout en offrant des produits de consommation à faible prix. Dans cet atelier les artisanes ont donc pu voir comment il était possible de développer des processus d’adaptation aux nouvelles
situations que le marché et son entourage compétitif exigent de chaque artisan. Enfin le troisième atelier, animé par Madeleine Lavastre-Vernet, consultante à Femmes en communication et assistée de
Maya Azeggagh, chef de projet, a consisté en la présentation du réseau Res’art et de sa charte ; Les artisanes ont pu avoir des notions de comptabilité de base, notamment comment calculer le prix
de vente d’un produit. Elles ont eu également des notions pour la gestion du temps et le respect des délais de livraison dont dépend leur fiabilité et leur crédibilité. A l’issu de la formation qui
aura duré 5 jours, une évaluation a été demandée aux artisanes présentes, lesquelles se sont exprimées sur plusieurs points. Certaines d'entre elles, en particulier les filles de Ksar Chellala, ont
soulignées leur regret de ne pas avoir été informées à temps de la tenue de ladite formation, laquelle, pour la grande majorité, a été d’un grand profit. Elles ont surtout mis en valeur le fait que
ce genre de rencontre leur ai permis de découvrir d’autres savoir-faire, d’élargir l’horizon de leurs connaissances, de lier de nouvelles amitiés et surtout de développer leur réflexion et
découvrir de nouveaux mécanismes de travail dans leur domaine. Elles ont également apprécié la traduction vers l’arabe dialectal des cours qui étaient impartis en français, sachant que la plupart
d’entre elles savent à peine lire et écrire.